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Interview: Motlak Moubarak Assanaa, nouveau PDG du CTKD

Interview: Motlak Moubarak Assanaa, nouveau PDG du CTKD

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Serait-il l’espoir de la chaîne hôtelière Abou Nawas ? En tout cas, et tout le prouve : il a apporté un nouveau souffle au Consortium (société gestionnaire des hôtels de la chaîne Abou Nawas) et les réformes qu’il est en train de mettre en place, depuis près de trois mois dont il est le premier responsable, semblent être bénéfiques.

  Réforme, telle est la devise du tout nouveau président directeur général du CTKD (Consortium tuniso-koweitien de Développement), Motlak Moubarak Assanaa. Restructurer, réorganiser, renforcer… tels semblent être les fins mots de sa stratégie qui vise à rendre à la chaîne Abou Nawas la place qui lui est due sur le marché touristique tunisien.

 Quelles ont été les circonstances de votre nomination à la tête du CTKD ?

En réalité, j’avais des responsabilités au sein du groupe d’investissements extérieurs koweitiens, où il y avait une répartition géographique des zones d’investissements ; pour ma part j’étais concerné par les pays arabes pas spécialement le Maghreb. Pourquoi j’ai été choisi ? Eh bien parce que nous avons réalisé que les résultats du groupe étaient en dessous de nos prévisions alors qu’objectivement ils devaient être meilleurs. Nous avons voulu qu’il y ait un saut qualitatif sur les plans d l’administration, de la gestion, en bref une certaine restructuration du groupe.

 La chaîne des hôtels Abou Nawas a été à l’avant-garde des chaînes hôtelières en Tunisie, que ce soit sur le plan de la diversité de ses produits ou celui de sa présence sur tout le territoire tunisien. Elle était parmi les plus performantes également, ces dernières années, nous avons pourtant assisté à une certaine régression de la chaîne. Par quoi expliquez-vous cela ?

Au début, et vous le savez certainement, les projets d’investissements koweitiens en Tunisie étaient avant-gardistes et nous avons choisi le secteur touristique par ce qu’il était assez nouveau dans votre pays et que nous pouvions faire de grandes réalisations. Notre succès a encouragé beaucoup d’investisseurs à se lancer dans le tourisme, dont des étrangers qui possèdent des marchés qu’ils connaissent et des produits qu’ils maîtrisent ; depuis, le marché tunisien est devenu plus compétitif et y existe une concurrence effrénée.

Nous ne sommes plus les seuls sur la place ; d’un autre côté, il est vrai que la chaîne des hôtels Abou Nawas a vécu une période d’immobilisme ces dernières années et ce, pour plusieurs raisons, parmi lesquelles nous pouvons citer le vieillissement de certaines de nos unités hôtelières. A partir de là, nous avons décidé de nous prendre différemment pour résoudre les problèmes de la chaîne à commencer par une remise en question de nos structures internes, notre potentiel humain nos procédés de gestion et notre produit.

Nous nous sommes attaqués à tous ces fronts à la fois, nous sommes actuellement en train de recruter des compétences tunisiennes au niveau de tout le Consortium. Nous sommes en train d’examiner nos priorités, côté finances, marketing et commercialisation. Nous avons commencé à améliorer notre produit.

Nous comptons aussi nous investir sérieusement dans la rénovation de nos infrastructures hôtelières.

Pouvons-nous citer parmi les raisons de la régression de la chaîne Abou Nawas, le fait d’avoir choisi de se lancer dans de nouvelles réalisations sans accorder de l’importance à la consolidation de celles existantes déjà ?

 Vous avez tout à fait raison, il ne fallait pas se lancer dans de nouvelles entreprises et négliger la consolidation des projets déjà existants. Ceci étant, nous estimons pour notre part que nous ouvrons suffisamment le marché tunisien ; nous sommes présents partout à Tunis et sa banlieue, au Sahel, au Sud, au Nord-Ouest, etc.

Ce que nous voulons, c’est garder le même nombre d’unités hôtelières en étant vigilants et nous assurant de la qualité de notre produit, il ne s’agit pas de multiplier les établissements hôteliers aux dépends de la qualité. Notre objectif essentiel est non pas « d’engloutir tout le marché tunisien » mais de développer un produit de première qualité.

A ce propos nous sommes en train de réfléchir sérieusement à mettre en place notre propre école de formation, de personnel qui, au début, offrira des cycles de formation ponctuels s’étalant sur une période de trois ou quatre mois aux 5000 employés de la chaîne. Si cette entreprise réussit, nous pourrons alors nous lancer dans la formation des personnels des autres chaînes hôtelières et l’école sera alors fonctionnelle tout au long de l’année, cela peut paraître un projet ambitieux pour l’instant mais il est tout à fait réalisable.

Beaucoup de rumeurs circulent à propos de certains problèmes persistants à la chaîne Abou Nawas. Qu’en pensez-vous ?

 Il est vrai que la chaîne a vécu des difficultés justifiées par plusieurs facteurs, ceci dit, je peux vous assurer qu’elle se porte beaucoup mieux depuis deux mois. Quand je suis arrivé ici, l’ambiance laissait à désirer, nous pouvons même dire qu’elle était un peu tendue pour une raison toute simple, c’est que les gens avaient peur du changement.

Quand nous avons pris nos fonctions ici à la tête du CTKD, nous avons trouvé que notre part du marché touristique a sensiblement baissé et notre position en tant que première chaîne hôtelière était menacée. Il nous fallait très vite prendre une décision sans se laisser décourager par ces problèmes et baisser les bras, nous avons dû prendre des décisions qui peuvent paraître audacieuses et même révolutionnaires pour remettre sur pied la chaîne.

Je dirais dans ce cadre que même si dans un premier temps nous devons y laisser quelques plumes, nous sommes sûrs qu’à moyen et long termes nous réussirons à hisser notre entreprise au niveau requis. Je voudrais préciser à ce propos que nous ne sommes pas des investisseurs qui comptent partir dans une ou deux années, nous sommes là depuis 1976 et nous comptons bien rester et consolider notre position sur la place ainsi que nos acquis. Et pour les conserver, il fallait réorganiser nos structures.

Au début, il y avait plusieurs opposant à ces décisions mais maintenant, il y a plus de partisans que d’opposants par ce que tout le monde a réalisé que le salut de la chaîne réside dans notre capacité en tant que gestionnaires à lui apporter des changements bénéfiques.

Au niveau du personnel, nous avons gardé les compétences qui ont la volonté de s’investir dans le développement de la chaîne, qui veulent encore donner et s’affirmer, surtout les jeunes ; les personnes qui sont là depuis longtemps, qui ont servi la chaîne à un certain moment et qui ne peuvent plus œuvrer efficacement pour son essor sont sensés donner leurs chances. Aux autres qui ont plus de disponibilité et plus à donner.

En Tunisie, il existe un marché non négligeable de jeunes cadres et compétences et je pense que nous, en tant que Consortium, nous pouvons donner les chances à ces jeunes en leur offrant des postes dans nos différentes sociétés.

Comment voyez-vous l’avenir de la chaîne Abou Nawas ?

 Les résultats de la Chaîne ont accusé une régression sensible au cours des années 95 et 96. Notre ambition est de parvenir à réaliser pour cette année, les performances de 1994. Ceci pour commencer. Nous comptons renforcer les directions commerciales et de marketing.

Pour moi, les dépenses dont la chaîne aura besoin pour consolider ses services sont considérées comme de nouveaux investissements. Même chose pour les dépenses dont nous aurons besoin pour la formation et le recyclage du personnel.

J’estime qu’il est toujours bon d’investir dans le potentiel humain, à consolation de savoir exploiter les compétences et en user à bon escient ; ainsi, il n’est plus question de recruter du personnel dans une unité lors qu’il y a un surplus dans un autre établissement, il faut que nous essayions de nous auto-suffire dans la mesure du possible.

Il faut qu’il ait une meilleure coordination entre les dirigeants des différentes unités hôtelières et la direction générale pour nous permettre d’évaluer les besoins des uns et des autres.

Il paraît que vous comptez mettre en place un réseau informatique qui reliera toutes les unités hôtelières de la chaîne Abou Nawas à la direction générale et vous permettra ainsi de superviser toutes les opérations à partir du siège. Ne craignez-vous pas que les dirigeants de ces unités prennent mal cette décision ?

 Au contraire, je pense qu’ils apprécieront. Cette décision a pour objectif d’étudier et juger leurs besoins au fur et à mesure et d’assurer un suivi régulier quant aux différentes transactions qui ont lieu au sein de leurs unités.

Si nous estimons qu’il y a un manque au niveau des moyens, nous faisons en sorte de satisfaire leurs besoins. Au début de chaque année, le directeur nous soumet un rapport sur les besoins de l’unité, les prévisions, les résultats attendus ; le budget, etc.

Notre rôle est de satisfaire ses demandes mais également d’exiger qu’il réalise les performances qu’il a lui-même prévues dans son rapport. Bien sûr, il peut réaliser des résultats inférieurs à ses prévisions et dans ce cas, il doit avoir des justifications logiques que je pourrai comprendre, dans le cas contraire, ceci me permettra d’évaluer les qualités de gestionnaires des dirigeants de nos unités.

Le but de l’implantation de ce réseau informatique est non pas d’espionner les directeurs des hôtels mais de garantir une gestion impeccable.

Le Koweït a achevé de payer ses dettes à la fin de l’année 1996. Comptez-vous investir de nouveau dans le secteur touristique en Tunisie ?

 Je pense qu’il va y avoir un renforcement des investissements en Tunisie. Toutefois, il faudrait savoir qu’en ce qui concerne, nous avons dans chaque pays un ensemble d’investissements constitué des banques de développement, de sociétés financières, touristiques, etc.

Pour investir de nouveau, il faut que nous nous assurions du succès de ces investissements, et dans le cas où il y a des difficultés, il faut que nous arrivions à les résoudre et donc l’investissement servira en premier lieu à résoudre ces problèmes là.

Si ensuite, nous réalisons que les résultats sont positifs et que nos investissements sont rentables, nous pouvons alors convaincre les investisseurs d’apporter leurs capitaux ; en ce qui concerne la Tunisie.

Par exemple, il y a un argument de qualité c’est la sécurité. Toutefois, je m’étonne qu’il n’existe aucun effort pour drainer des investisseurs koweïtiens privés en Tunisie alors que ces derniers investissent dans tous les pays arabes et européens, il faudrait peut-être y réfléchir sérieusement.

 

 

 

 

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